3 mars 1791 - le télégraphe Chappe - maintenant la fibre optique !

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3 mars 1791 - le télégraphe Chappe - maintenant la fibre optique !

Message par Admin le Lun 5 Sep - 21:52

Il est beau notre ordinateur ! Avec l'ADSL maintenant tout va vite, très vite mais je vous propose de voir ici les débuts de la transmission des informations.

Apparu en avril 1793, le mot télégraphe est lié à l’aventure des frères Chappe. Lorsque survient la Révolution française, l'information chemine encore au rythme des chevaux. Il devient alors urgent de trouver une solution pour communiquer plus rapidement, afin de connaître en très peu de temps les événements nombreux qui se succèdent, de transmettre les ordres, d'annoncer les secours à une ville investie…

Les frères Chappe réalisèrent le 3 mars 1791 une première expérience publique de télégraphe aérien de Brûlon à Parcé sur une distance de 14 km.
Claude Chappe mit au point un ingénieux système de communication de télégraphe aérien pendant la Révolution. Les « tours de Chappe » étaient coiffées d’un mât mobile, visible à la jumelle de la tour voisine, distante de 10 km à 15 km. En 1844, 534 tours quadrillent le territoire français reliant sur plus de 5 000 km les plus importantes agglomérations.

Par la suite le succès du télégraphe optique s'estompa et Bonaparte réduisit en 1800 les crédits alloués à leur construction et entretien. Claude Chappe ne supporta pas ce désaveu et désespéré se jeta dans un puits en 1805 à l'âge de 42 ans. Les frères poursuivirent le développement du télégraphe optique jusqu'en 1830, date à laquelle il fût définitivement arrêté.



Principe de fonctionnement : Le télégraphe des frères Chappe est un dispositif mécanique de 5 m de haut constitué :
- de deux ailes ou indicateurs de 2 mètres de long et de 30 cm de large.
- de contrepoids pour assurer l'équilibre de l'ensemble.
- d'un manipulateur pour mettre en mouvement les ailes.
Le télégraphe Chappe était placé sur une hauteur naturelle (colline, montagne) ou artificielle (tour).

Le télégraphe de Chappe est composé de trois voyants, de forme rectangulaire allongée, mobiles dans un même plan vertical en haut d'un mât. Ces voyants sont peints en noir pour mieux se détacher sur le fond lumineux du ciel. Le voyant central appelé aussi régulateur est long de 4,65 m et large de 0,35 m. En tournant autour d'un axe fixé en son centre, il peut prendre quatre positions (verticale, horizontale, oblique droite et gauche). Les deux autres voyants appelés indicateurs, longs de 1,94 m, pivotent par leurs extrémités aux extrémités du régulateur, formant des angles aigus, droits ou obtus. L'appareil fixé sur une tour ou un clocher peut être distingué à environ 10 km grâce à une lunette à longue portée.

[Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image]Exemple d'une tour de Chappe restaurée :[Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image]

Pour que la communication soit possible, Chappe a mis en place un code dans lequel 196 signaux différents pouvaient être formés. Un code secret connu seulement par quelques responsables, les directeurs, utilisant 92 de ces signaux par paires, était notamment utilisé. Ainsi, 92 sont des signaux de référence qui représentent une image des lettres de l’alphabet, et permettent de transmettre un message ; et les 92 autres sont des signaux de correspondance qui renseignent sur la nature des différents messages envoyés.

Représentation de l'alphabet par rapport à la position des bras
ce dessin ne représente que les codes alphabet et nombres :
[Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image]

Les stationnaires étaient les personnes réparties dans les relais qui assuraient la répétition des signaux de proche en proche, et d’un point à l’autre du territoire.
La vitesse de transmission est variable en fonction des conditions météorologiques. Dans les meilleures conditions d’exploitation, un signal parti de Paris atteint Lille en 9
minutes. La réception d’un message complet de 36 signaux demande 32 minutes.
Chaque stationnaire ne pouvant voir que le poste suivant et le précédent à travers ses deux lunettes, l’organisation de la transmission des signaux s’exécute toujours selon le même processus afin d’éviter toute erreur et perte de temps.

1ère étape :
Le régulateur est porté à l’oblique de droite pour préparer un des 92 signaux de correspondance ; l'oblique de gauche préparant, quant à elle, un signal de service. Le stationnaire regarde dans sa première lunette le signal préparé par son homologue du poste qui le précède (signal préparé à l'oblique) et le recopie à l'identique
sur son appareil. Le stationnaire sait qu'il s'agira d'un signal de correspondance (oblique de gauche) ou bien d'un signal de service (oblique de droite). Une fois le signal recopié sur son appareil, le stationnaire regarde de nouveau dans sa lunette pour vérifier si son homologue confirme l'exactitude de sa manœuvre. Elle est confirmée seulement si le signal du poste précédant est passé en position « au fini ».

2ème étape :
Rotation de l'ensemble sur la verticale ou l'horizontale pour validation, dans la position dite « au fini ». Le stationnaire regarde dans sa seconde lunette et vérifie que son homologue du poste suivant a correctement recopié le signal qu'il vient de préparer. Si c'est le cas, le stationnaire porte "au fini" son signal. Enfin, le stationnaire regarde de nouveau dans sa lunette et attends que le poste suivant ait à son tour porté son signal "au fini". Après cela, le cycle recommence.

Dépêche du 1er septembre 1794

La première ligne de télégraphe est établie entre PARIS et LILLE. Le 1er septembre 1794 (thermidor an II), la première dépêche télégraphique est transmise en début d'après-midi à l'assemblée nationale qui siège à Paris :
" CONDÉ RESTITUÉE A LA RÉPUBLIQUE. LA REDDITION A EU LIEU CE MATIN A 6 HEURES "

Les premiers virus ! !

Déjà des virus sur le premier réseau de télécommunication au monde ! Pour connaître un jour avant tout le monde les résultats de la Bourse à Paris, qui étaient acheminés par courrier, certains spéculateurs n'hésitaient pas à corrompre des stationnaires. Un de ceux-ci insérait à un endroit convenu dans une dépêche s'il fallait acheter ou vendre, selon les résultats du soir. Le stationnaire complice récupérait l'information à un autre poste aussitôt, et bien avant le reste de la population. Les gains ainsi dégagés par les spéculateurs initiés permettaient largement d’obtenir la docilité et le silence des stationnaires corrompus. La réussite de ce procédé éveilla les soupçons. Le pot aux roses fût découvert, et déclencha un vif scandale !
Cette magouille est décrite dans le Comte de Monte-Cristo, d'Alexandre Dumas (1846).


Article en cours un peu de patience

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sacré bond !

Message par Line le Mar 6 Sep - 13:51

Bonjour,
Sujet très intéressant mais long à lire, j'ai commencé et je crois que je vais prendre des notes.
Merci Adriana
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Line

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